Retail Vision n°10, Jérôme Parigi, LSA

Publié le par Frank Rosenthal

A l’occasion du lancement du partenariat avec LSA, j'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui Jérôme Parigi, rédacteur en chef adjoint de LSA en charge de la distribution.
Jérôme est un vrai passionné et un observateur attentif du commerce et de toutes ses évolutions. Curieux et à l'écoute, il sait faire partager ses coups de coeur, je vous invite notamment à lire le questionnaire de Jérôme, vous verrez son enthousiasme à propos du concept "la Compagnie des Marchés". Je suis réellement content d'accueillir Jérôme qui a beaucoup fait pour que le partenariat entre LSA et ce blog puisse voir le jour.

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1/ Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis rédacteur en chef adjoint de LSA, la revue de la grande consommation. Un hebdomadaire tiré à plus 32 000 exemplaires chaque semaine où je m’occupe du pôle distribution en compagnie de 6 autres journalistes.

2/ Que pensez-vous de l’évolution actuelle du commerce ?

Le grand commerce est clairement à un tournant en France. La fin de la période « glaciaire » de la loi Galland impose à chaque enseigne de se différencier comme jamais et pas seulement sur le terrain des prix (choix, services, offres, technos…). D’où, certainement, l’inflation incroyable de nouveaux concepts ces derniers temps.

On peut penser aussi qu’avec la plus grande liberté de négociation des prix, doublée par les effets de la crise sur les finances de certaines entreprises, la concentration va s’accélérer. C’est le cas dans le non alimentaire, secteur encore assez dilué et où le mouvement s’affirme à l’image du rachat en cours de Saturn France par Boulanger. Mais ca pourrait l’être aussi dans l’alimentaire où un certain nombre d’acteurs vont souffrir de leur absence de taille critique.

Le tout arbitré par un troisième enjeu majeur qui consiste à intégrer au mieux le e-commerce, les approches « multicanal » qu’il suppose et les nouvelles technologies, aux stratégies des distributeurs.

3/ A quoi ressemblera le magasin de demain à horizon 2012-2015 ?

Il sera certainement beaucoup plus connecté avec des recours à un éventail très large de technologies utilisant les smartphones et autres instruments de mobilité. Multi-connecté, il sera aussi en même temps beaucoup plus local et ancré dans sa zone, sa ville, sa région, tant en matière d’assortiment que de personnel. Il se devra d’être aussi beaucoup plus en relation avec ses clients, moins impersonnel, de jouer sur les fibres communautaires. Il intégrera aussi des zones restauration destinées à agrémenter la visite, tout en augmentant sa durée.


4/ Parlez-nous d’une entreprise/enseigne de distribution et dites-nous en quoi elle est inspirante et mérite d’être suivie.

Une seule c’est difficile, surtout si l’on prend en compte les e-commerçants avec des modèles majeurs comme Amazon, e-bay ou Ventes Privées par exemple. Côté distributeurs « physiques », au moins trois me viennent à l’esprit : Leclerc pour la permanence et la force de son positionnement de pourfendeur des prix bas, en même temps que de rassembleur des indépendants, qui a traversé avec succès 60 ans d’histoire ; Décathlon qui a su développer le concept de marque enseigne à la française dans près de 20 pays dans le monde et est train de lui donner une nouvelle vie avec ses marques passion ; et enfin les entreprises de la famille Mulliez qui a su mêler capitalisme familial et innovation en abritant puis développant quelques uns de fleurons de la distribution française (Kiabi, Leroy Merlin, Chronodrive…).


5/ Parlez nous de votre magasin préféré ?

Sans conteste en 2010, la Compagnie des Marchés (LSA 2155), ouvert mi-octobre 2010 à Chartres : une réinvention des bonnes vieilles halles d’antan, mais en périphérie. Un concept bluffant imaginé par un épicurien et un amoureux de la terre, béotien de la distribution alimentaire après avoir été longtemps patron d’une chaîne de téléphonie. Le superbe dôme de 1000 m² en bois qui abrite ce temple des produits frais et gourmands tranche avec les « boîtes » environnantes. L’offre composée presque essentiellement de produits locaux (près de 7000 quand même) et proposée uniquement en vente assistée est mise en valeur dans un décor simple mais appétant, le tout accompagné de points de restauration où l’on peut consommer les produits de ses courses. Une belle idée qui prouve qu’on peut encore faire bouger les lignes dans des secteurs aussi « banalisés » que l’alimentaire.

 

6/ Parlez-nous du magasin le plus étonnant que vous ayez jamais vu ?

Celui qui reste à voir et à inventer serai-je tenté de dire. Plus sérieusement sans doute les drive, un concept de magasin auquel peu de gens croyaient au moment de leur création il y a seulement 10 ans, mais qui est lui aussi en train de faire bouger les lignes en misant sur une simple et bonne idée : se placer au cœur des flux de déplacement des clients. Aller vers eux, plutôt qu'ils ne viennent à vous. Preuve que l’idée fait de plus en plus son chemin, Tesco est en train de tester le concept en Grande Bretagne. Encore une "invention" de la distribution française au passage...

 

7/ Quelle est votre actualité du moment et comment les lecteurs de ce blog peuvent-ils vous suivre (site, blog, article, livres…) ?

Tout simplement lire Lsa et Lsa.fr

 

A partir de demain, retrouvez une nouvelle série de "9 découvertes à...San Francisco" dans le cadre du partenariat avec le Retail-Tour de LSA.

Publié dans Retail Vision

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